En fin décembre dernier, le niveau du fleuve Rouge était anormalement bas : seulement 1,4 m à Hanoi, soit 1,5 -1,6 m de moins que la normale. Le niveau le plus bas depuis un siècle. Des données records qui laissent augurer cette année une terrible saison sèche.
Selon le directeur adjoint du Département d'hydraulique agricole (ministère de l'Agriculture et du Développement rural - MADR), Nguyên Dinh Ninh, qui cite des hydrologues internationaux, "ce serait le courant marin El-Nino qui aurait actuellement une grande influence sur le climat dans diverses régions de par le monde dont le Vietnam". On prévoit ainsi, dans tout le pays, une faible pluviosité pendant la prochaine saison sèche, et un très lent débit des cours d'eaux. Une grave et longue sécheresse semble même inévitable dans de nombreuses localités, notamment au Nord, au Centre et sur les hauts plateaux du Centre.
Nombreuses sont les localités qui n'ont pas vu tomber une seule goutte d'eau depuis 2 mois. Les lacs-réservoirs du Centre, de Quang Ngai à Ninh Thuân, sont au plus bas. Si aucunes précipitations importantes n'interviennent d'ici avril, ces régions seront confrontées à une sécheresse prolongée jusqu'à août.
Le niveau d'eau du fleuve Rouge inquiète les agriculteurs. Pour le moment, les réservoirs des centrales hydroélectriques de Hoa Binh et Thac Bà - sur la partie amont du fleuve Rouge - sont bien remplis. Pourtant, ils "seront exploités avec parcimonie pour préserver l'eau en prévision de la sécheresse", a souligné Nguyên Dinh Ninh, qui a souligné également les énormes difficultés qui attendent les paysans pour irriguer leurs cultures d'hiver-printemps. Selon lui, 40% des 500.000 ha de terres arables du Nord devraient souffrir d'une grave pénurie en eau.
Face à cette situation, des mesures draconiennes ont été mises en place. Le MADR recommande ainsi aux localités de réévaluer leurs ressources en eau et d'en réorganiser la distribution. Des localités se lancent aussi dans le remplacement des cultures, par exemple le riz par d'autres plantes vivrières peu exigeantes en eau, tels que maïs, soja ou arachide. Parfois aussi on a décidé de laisser les champs en jachère. Dans l'ensemble du pays sont mises en œuvre des mesures d'économie de l'eau et méthodes d'irrigation scientifiques.
Concernant l'eau pour les ménages, Nguyên Dinh Ninh a promis que l'orientation du gouvernement de "ne pas laisser la population supporter la faim ni la soif " reste le leitmotiv. En cas de sécheresse, des citernes d'eau seront acheminées jusque dans les localités les plus reculées.
Transport fluvial paralysé
Le bas niveau du fleuve Rouge cause aussi d'énormes difficultés au transport fluvial. Duong Duy Ninh, directeur d'une société de manutention de cargos au port de Hanoi, a témoigné : "Normalement, les quais sont accessibles aux navires de 300-500 tonnes. Mais, ces derniers jours, seuls les 200 tonnes et moins pouvaient accoster". Ce patron a même dû se résoudre à mettre la plupart de ses ouvriers en chômage technique.
Par ailleurs, nombreux sont les chantiers qui, faute de matériaux de construction, sont dans une situation critique. Ils attendent en vain un ravitaillement de ciment de Hai Phong, de sable jaune de Viêt Tri, de cailloux de Ninh Binh, de charbon de Quang Ninh... Il y a même des cas d'échouage sur les bancs de sable du fleuve et d'autres cours d'eau du Nord. "Que le ciel fasse tomber la pluie !", implorent les travailleurs.
Nghia Dàn/CVN
( 14/01/07 )
Source : Le Courrier du Vietnam
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